Deux voisins ont divisé leur consommation d’électricité par deux cette année : un seul voit vraiment sa facture baisser
Précision utile avant de commencer : la facture d’électricité ne dépend pas uniquement de la quantité de kilowattheures consommés. C’est une réalité que beaucoup de foyers découvrent à leurs dépens en cette rentrée d’automne, au moment de comparer leurs efforts d’économie d’énergie avec le montant réellement débité sur leur compte. Deux voisins, deux appartements similaires, deux consommations divisées par deux grâce aux mêmes gestes du quotidien : chauffage baissé, appareils éteints, douches plus courtes. Pourtant, l’un voit sa facture fondre, l’autre à peine bouger. Ce paradoxe s’explique par un mécanisme méconnu du grand public, mais qui pèse lourd dans le calcul final.
Deux voisins, deux consommations divisées par deux, deux résultats radicalement différents
Imaginons deux foyers d’un même immeuble, l’un vivant dans un studio, l’autre dans une grande maison tout électrique. Tous deux ont réduit leur consommation d’électricité de moitié cette année, en adoptant les mêmes réflexes d’économie. Logiquement, on pourrait s’attendre à ce que leur facture baisse dans les mêmes proportions. Ce n’est pourtant pas le cas. Le foyer vivant dans la grande maison constate une baisse nette et satisfaisante. Le locataire du studio, lui, reste perplexe devant une facture qui n’a presque pas bougé, malgré ses efforts. Ce constat n’a rien d’un hasard ni d’une erreur de facturation. Il révèle une mécanique bien plus large, liée à la structure même du prix de l’électricité en France.
Le détail qui change tout : la part fixe de l’abonnement dans la facture
La facture d’électricité ne se résume pas à la consommation. Elle se compose de trois grands blocs : le prix de l’énergie elle-même, les taxes, et le TURPE, le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Ce dernier finance l’entretien et le développement des réseaux gérés par Enedis pour la distribution et RTE pour le transport. Il représente à lui seul près d’un tiers de la facture totale. Or, ce tarif vient justement d’augmenter : +3,04 % pour le réseau Enedis et +3,34 % pour le réseau RTE, selon les décisions tarifaires validées par la Commission de régulation de l’énergie. Cette hausse s’explique en grande partie par l’hiver 2025, particulièrement doux, qui a fait chuter la consommation d’électricité et privé Enedis de 231,6 millions d’euros de recettes. Pour compenser ce manque à gagner, le tarif d’acheminement a été revu à la hausse. Et c’est précisément là que se cache la clé du mystère entre les deux voisins : l’abonnement fixe influence aussi le montant de la facture d’électricité, indépendamment de la consommation réelle. Cette part fixe augmente plus vite que le prix de l’énergie elle-même dans cette nouvelle grille tarifaire, appelée TURPE 7, valable jusqu’en 2029 avec une révision chaque 1er août.
Concrètement, un studio, dont la facture est largement dominée par cette part fixe, encaisse une hausse plus marquée en pourcentage qu’une grande maison où le poids de la consommation reste prépondérant. En euros, l’impact reste toutefois limité : environ 7 euros de plus par an pour un studio, contre 26 euros pour une grande maison tout électrique. Au global, cette révision tarifaire ne fait grimper la facture moyenne que d’environ 1 %, tous types de logements confondus.
Réduire sa consommation ne suffit pas, il faut aussi revoir son contrat
Ce mécanisme a une conséquence directe pour les ménages : diminuer sa consommation ne suffit pas toujours à faire baisser sa facture de manière proportionnelle. La part fixe, elle, reste due qu’on consomme beaucoup ou peu. Elle finance l’accès au réseau, pas l’énergie consommée. Un foyer qui vit dans un petit logement a donc tout intérêt à comparer les offres disponibles, car certains fournisseurs proposent des abonnements moins coûteux ou mieux adaptés aux petites consommations. Il est également utile de vérifier la puissance souscrite : une puissance surdimensionnée entraîne un abonnement plus cher sans bénéfice réel au quotidien. Ajuster ce paramètre, souvent négligé, peut alléger sensiblement la partie fixe de la facture. Autre point à surveiller : cette hausse du TURPE s’applique à tous les contrats, qu’ils soient à prix fixe ou indexé, quel que soit le fournisseur choisi. Aucune offre n’y échappe, ce qui rend la comparaison des abonnements d’autant plus pertinente pour limiter l’impact sur le budget annuel.
Source : Ouest France
