Sécher son linge à la maison peut nuire à votre santé, découvrez comment !
Faire sécher son linge à l’intérieur, surtout en hiver, est une pratique courante pour beaucoup de Français. On installe un étendoir dans le salon, on attend plusieurs jours que les vêtements sèchent, et la buée s’accumule sur les vitres. Cependant, cette habitude peut nuire à la qualité de l’air intérieur, avertit le médecin urgentiste Gérald Kierzek.
Les risques liés à un séchage intérieur
Le problème n’est pas le linge en soi, mais l’humidité qu’il libère dans une pièce souvent mal ventilée. Un panier de linge mouillé contient environ 2 litres d’eau. Lorsqu’on le sèche à l’intérieur, cette eau s’évapore et augmente considérablement le taux d’humidité de la pièce. Selon Atmo Bourgogne-Franche-Comté, cette hausse peut atteindre 30 % en une journée.
Un air excessivement humide, avec un taux d’humidité supérieur à 60 %, favorise le développement de moisissures, d’acariens et de spores. Gérald Kierzek souligne que cela transforme l’intérieur en un environnement propice aux microbes, aux champignons et autres allergènes. Ces conditions sont particulièrement problématiques pour les personnes asthmatiques, allergiques, les enfants et les seniors.
Les recommandations pour un intérieur sain
Les organismes comme Atmo France, l’ADEME ou le ministère de la Santé rappellent qu’il faut maintenir le taux d’humidité entre 40 et 60 %. Au-delà, les moisissures se forment sur les murs et les joints, et les spores fongiques se dispersent dans l’air. La présence de composés organiques volatils, issus notamment des lessives et assouplissants, est aussi augmentée lors du séchage à l’intérieur, ce qui peut poser problème.
Pour limiter ces risques, il est conseillé de ne pas sécher le linge dans une salle de bain sans fenêtre ou dans un garage humide. L’idéal est d’utiliser une pièce spacieuse, bien ventilée, pour étendre ses vêtements. Gérald Kierzek insiste sur l’utilisation d’un déshumidificateur, qui permet de contrôler le taux d’humidité et de le maintenir dans la zone recommandée. Avec quelques dizaines d’euros, il est possible d’acquérir un appareil électrique ou chimique, efficace pour accélérer le séchage et limiter l’humidité.
Un exemple abordable est le déshumidificateur Ultra Fresh, vendu à environ 1,69 € chez Action, avec des granulés qui absorbent l’eau présente dans l’air. Placé près du linge, il aide à sécher plus rapidement tout en évitant l’odeur de renfermé. Un hygromètre, un petit appareil de mesure de l’humidité, peut s’avérer utile pour vérifier que le taux reste bien en dessous de 60 %.
Les bons gestes pour un séchage plus sain
Les spécialistes recommandent de prendre certaines précautions après le passage en machine. Un bon essorage réduit la quantité d’eau à évaporer. Secouer chaque vêtement avant de l’étendre permet aux fibres de mieux s’aérer. Sur l’étendoir, il faut espacer les pièces, éviter de trop charger et ne pas superposer les vêtements.
Une chaleur douce, par exemple en positionnant le linge à proximité d’un radiateur sans le poser directement dessus, favorise un séchage rapide sans surchauffer la pièce. Le choix de la pièce où l’on étend son linge est également important : la chambre, surtout pour un enfant ou une personne allergique, n’est pas recommandée. La pièce idéale est une grande pièce de vie équipée d’une fenêtre ou d’une VMC hygroréglable, que l’on peut aérer plusieurs fois par jour.
Le ministère de la Santé rappelle que le séchage du linge est l’une des principales sources d’humidité dans un logement. Limiter les douches très chaudes ou la cuisson sans hotte lors du séchage peut aussi contribuer à mieux contrôler la qualité de l’air intérieur.
